dimanche 30 janvier 2011

jeudi 27 janvier 2011

Billy the kid : I love you


"Billy the kid " by Olivier Cadiot et Rodolphe Burger


Deux univers oniriques, fantasques, drôles, sonores...
Mes préférés.



"Il y a un bruit d'enfer.Ça recommence, deux filles, presque jumelles, chantent ensemble les paroles de la chanson culte, absorbées, les yeux fixes, comme récitant la leçon dans une cabine de langue, on est belles, l'hymne que l'on articule sur un podium, une prière en pensant à autre chose : faites que je sois la plus belle, etc., yeah, deux saintes heureuses de connaître les paroles par coeur : one-more-ti-me, avec le son de canard d'un vocodeur, ouin'mor'taï-m'.
Je glisse.
Si on s'aaaaattaquait à quelque chose de sééééérieux, hurle par-dessus le duo un petit être rasé en pull-over faux tricoté-main, un truc sérieux, 70 oeufs dans la marmite, 1 kg de beurre, je tourne lentement mon grand bâton, sel-poivre, à table.
Je glisse.
Je m'approche discrètement des deux nymphettes jumelles en caraco noir mou, tongs dorées qui chantent à l'unisson le thème central qu'un petit homme silencieux, préposé à la musique, relance du doigt.
Elles récitent en marmonnant très vite à deux voix décalées une sorte de poème : en 1995, Nike avait mis au point la rift pour des coureurs kenyans / maintenant elle est à nous, yeah /pause /maintenant elle est à nous (bis), chez prada on réhabilite le nylon / grâce aux cordons, aux lacets, au scratch qui ornent des pantalons d'escrimeur / et pour une allure encore plus high, pour une allure encore plus high des aérateurs sont greffés sous les aisselles / pause / le laser découpe des trous / coda en canon à trois voix / sur le tissu des jupes / des balles de golf sont imprimées / tout ça par ordinateur / yeah.
Comme deux chanteuses eskimos qui font un concours de respiration traditionnel.
Ça s'accélère, le son monte, un certain Lester survit de façon providentielle à trois avalanches, psalmodie par-dessus le choeur avec une voix de contralto exagérée, une très grande femme en turban à un maigre en chemise bariolée, pat d'eph et peut-être perruque ? Je filme la survie dans cette sorte d'igloo, ambiance Belle et Sébastien, tous les acteurs sont en peau de chien avec des tonnelets de rhum.
Mauvais pitch, tonne le cinéphile allemand amnésique grippé que je croyais disparu, zéro, dehors, virez-moi cette conne.
Tous les acteurs sont en peau de chien avec des tonnelets de rhum, poursuit-elle impassible, les yeux blancs, elle a des sortes de pommettes sur le front comme si elle avait été opérée par le Docteur Jekyll en personne, j'ai rencontré trois filles formidables, poursuit-elle de plus en plus fort, trois extra-chicks, les quatre filles du docteur March, en hyper-crade, on expose une chambre en désordre, monstre-nounours en latex, placard à vêtements, j'ai monté en fond un mélange électro-folk-punk-arty, c'est extrêmement cool, on a aussi en magasin notre projet de déportation des animaux domestiques, elle me tend un carton vert pomme avec des grosses lettres rouges, nom de code : Haut les mains peau de lapin, la maîtresse en maillot de bain, je crois que je vais le garder en titre, elle hésite en regardant par terre. J'aime uniquement les animaux qu'on ne peut pas toucher, faudra venir à la party-action chez **** , là, on projette la scène militante où Marilyn, en larmes, supplie qu'on relâche un mustang capturé en dehors des règles de l'Ouest par ses compagnons, vous vous souvenez, elle se retrouve tirée en arrière, toute petite, en larmes petit point blanc sur fond désert de sel, on se refait en boucle le plan de cette fuite en arrière.
Bande-son saillie étalon.
One-more-ti-me, ils chantent tous, dans tous les coins, ça s'accélère: choeur généralisé, on dirait l'Armée rouge, ils ne vont jamais s'arrêter, il y en a partout.
L'Armée rouge.
Des têtes sortent des placards, deux se balancent accrochés aux lustres, un type chante sous le tapis.
Ouin'mor'taï-m'.
Il faudrait que ça s'arrête là maintenant, ok kids relax, pause, une heure de déjeuner et on reprend, super, dis donc toi, oui toi, reste deux secondes, où c'est qu't'as appris à chanter? chez les bonnes soeurs? faut y aller mon petit lapin, hein, tape sur la fesse, allez file.
Si on est dans une comédie musicale."
Olivier Cadiot, Retour définitif et durable de l'être aimé(P.O.L)











mardi 25 janvier 2011

MAMBO !

L'association

Quelle bd les enfants!

Prenez une douce dingue qui rencontre enfin son sauvage ténébreux, un inspecteur des impôts rigide comme une contravention qui se prend d'affection pour un gentil- petit -mignon chaton, une comédie musicale financée par une grande entreprise, une ferme pour jeunes rebelles en manque de sensations pures et ...vous obtenez le coktail déjanté qu'est MAMBO de Claire Braud.Drôlatique il va s'en dire...
Disponible aux éditions L'Association chez tous les joyeux lurons que sont vos libraires indépendants !


samedi 22 janvier 2011

"Cause I like: birds..."



Le petit truc inutile que j'aimerais bien avoir dans ma cuisine...
Hummingbird glass tags
Bird on the wire 12.90 les 6

Un coussin de plus? Jolie couleur, jolie idée, joli prix aussi (hum...)
Bird leaves (jaune)
Bird on the wire


Le livre des pleurs: un épouvantail bien seul dont les brindilles s'envolent, s'éparpillent et deviennent le nid de petits oiseaux.
Points de suspension.

Edition points de suspension



mercredi 19 janvier 2011

Les éditions de la balle

Cette toute jeune maison d'édition propose des albums pour enfants avec des auteurs issus de l'univers du dessin animé.Le ton est vif, décalé et le graphisme séduisant...Un petit tour donc par les 3 titres qui m'ont interpellée :

Jamie au parc zoologique : Jamie un petit extraterrestre adopté par une famille de terriens, les Walsh, va passer une journée au zoo et il aura bien du mal à dissimuler tous les pouvoirs qui l'habitent...On rit beaucoup de l'émerveillement de Jamie face  à ce qu'il découvre sur terre (le  ruban de scotch par exemple).



...et dans la collection CHATOFOU

Moumoute n'est pas une fille ou comment un petit garçon  devient le chouchou des copines à la récré grâce à sa longue chevelure...


Incognito a peur du noir : mais contrairement à ce qu'on pourrait penser les ogres, monstres et cie sont inoffensifs la nuit car ils n'y voient rien !

http://www.editionsdelaballe.com/




dimanche 16 janvier 2011

2 ou 3 choses que je sais d'elle

2 choses que tu peux faire lecteur si tu es blasé par l'hiver (ou pas):

1/Aller voir le spectacle de Maguy Marin "Salves" où histoires individuelles et collectives sont mises en rapport sur scène par le biais de discours politiques, de bouts de conversation qui défilent sur une bande sonore, de jeux de passe passe entre les mains des danseurs/ acteurs qui font circuler des peintures, des affiches, des objets du quotidien symboles de la culture occidentale.Le tout en 1h10.Juste et pertinent.


2/Lire au choix:

a-Si tu as l'âme romantique (mais pas niaise qu'on soit bien d'accord...)le dernier roman de Andrei Makine Le livre des brèves amours éternelles un beau regard porté sur la Russie communiste avec les yeux d'un enfant ébahi par les promesses d'une nation solidaire et ses désillusions...L'auteur du Testament français offre ici à nouveau une écriture vibrante et sensible.
Seuil
b-Si tu es curieux et que tu aimes bien rigoler tu peux jeter un oeil à l'essai de J.Safran Foer Faut-il manger les animaux? question à laquelle le romancier répond par une histoire des habitudes alimentaires dans le monde en s'appuyant sur ses propres expériences et anecdotes.

Editions de l' Olivier

dimanche 9 janvier 2011

Magical beautiful

Après plusieurs tentatives et déceptions face à la nouvelle rentrée littéraire, je vous propose une belle histoire celle de La Reine Alice de Lydia Flem (Seuil), un texte très bien écrit (ouf ça fait du bien) et poétique à souhait.
De quoi s'agit-il ? Une femme découvre qu'elle a un cancer et passe dés lors de l'autre côté du miroir telle Alice. Le roman est jalonné de figures allégoriques qui rappellent l'univers onirique de Lewis Carroll : notre héroïne dans sa mésaventure personnelle est entourée de fous, de bienfaiteurs, d'amis et d'ennemis...
Je vous laisse découvrir deux extraits ainsi que les photos situées à la fin du roman qui viennent illustrer certains passages.

p 109 , chapitre X

"Dés qu'elle ouvrit les yeux, Alice se souvint d'une vieille chanson qui parlait de petits gâteaux et du palais de Dame Tartine ce qui ne lui ouvrit nullement l'appétit.Elle continuait à préférer les mots des mets aux mets eux mêmes.
Comme elle vit de loin le Troll souriant s'approcher de son lit, elle s"empressa de se coiffer d'un béret de marin qu'elle tenait à porter de la main parmi d'autres chapeaux dans un tiroir de sa table de chevet pour les heures du jour et de la nuit où elle n'avait pas la force de s"enrouler sur la tête des écharpes ou des foulards.
Quand je pense que dans le vieux temps on trouvait indécent de se présenter "en cheveux", je suis devenue,  bien malgré moi , une personne très très convenable..."

p 114, chapitre XI

"Sur la table de chevet il y avait son désordre habituel : montre, potions, bijoux, dattes et noix de cajou, attrape-sons, Attrape-Lumière, attrape-tout, carnet de notes, thermomètre, chapeaux, turbans, gobelets, livres, papiers, babioles et vétilles.
Dans la Maison du Miroir les objets possédaient une vie propre, prenaient des initiatives, devenaient insaisissables. Quand Alice étendait le bras pour attraper l'un d'eux, ils se dérobaient par facétie ou mauvaise volonté."




Attention ne vous précipitez pas tout de suite chez votre libraire préféré tel le Lapin Blanc "en retard" : La Reine Alice ne sortira que le 3 février 2011, il faudra être patients les enfants...

jeudi 6 janvier 2011

Zombie Zombie

Il était 19h15, elle faisait la vaisselle nonchalamment (qui ne le ferait pas...) lorsque lui parvint du poste de radio cette douce mélodie...
France culture faisait partager à ses auditeurs un des morceaux hommage à John Carpenter du groupe Zombie Zombie .
Merveilleux n'est-il pas ? Alors oui cette pochette de cd est ignoble mais elle va si bien avec le style John Carpenter, kitch année 80, la belle époque quoi...

Extrait en live: "Assault on precinct 13"



9 euros

mardi 4 janvier 2011

Rock and roll baby


En ce 21 juin 1982, "quelque part en Bretagne", Emile  aurait pu devenir une star du rock.
Oui mais voilà, au moment de monter sur scène c'est le trou noir, l’absence, la honte : il ne se souvient de rien ni des accords ni des paroles...

Que serait-t-il advenu si ce moment volé lui était rendu ? (formulation douteuse me direz-vous : point du tout, lisez la bd vous verrez-les voyages dans le temps tout ça tout ça...)
Un scénario sympathique et bien mené  que nous offre  Charles Berberian accompagné au dessin par Christophe Gaultier et son joli coup de crayon.

Youpi, j'ai hâte de découvrir la seconde partie...

20 euros


 






dimanche 2 janvier 2011

Le vrai du faux

Quelques images de Sarlat, capitale du Périgord Noir au coeur historique digne d'un décor de théâtre... Déambuler par ce matin brumeux, enveloppée par les pierres, la terre et la forêt silencieuses  : 
l'année commence là.

Toi lecteur potentiel ENJOY les jours à venir.
Qu''ils soient doux, chaleureux et palpitants.

Et c'est pas Charlie qui dira le contraire...

XXXIII

ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »


Charles Baudelaire in "Petits poèmes en prose"